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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 17:14

GRP 2013, le Grand Raid des Pyrénées !

 

L'objectif majeur de cette année 2013 est de réussir cet ultratrail de montagne long de plus de 160 km et de plus de 10000m d+, une première pour moi sur ce type de course.

 

Mon matériel sur l'épreuve :

  • un sac à dos salomon slab 12 l

  • des chaussures salomon xt wings 3 blackred (très satisfait!)

  • des chaussettes x-socks sky run (pas d'ampoules)

  • un haut et un corsaire de compression skin A400

  • des manchons compressport

  • une veste softshell slab salomon

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Depuis décembre 2012, ma préparation a été longue et minutieuse, rien n'est vraiment laissé au hasard, c'est le gage d'une réussite future ! L'hiver et le printemps n'auront pas facilité les sorties longues avec bcp de pluie et de mauvais temps. Je commence donc ma saison par le trail Glazig début février long de 45 kms, très boueux. J'enchaine début avril avec le trail d'Hillion, Entre dunes et bouchots, avec 33 kms très agréables sous le soleil sur le sentier côtier entre Pléneuf et Hillion. Dès la fin avril, je me lance dans la grande aventure de l'ultra sur le Bretagne Ultra Trail, ou BUT pour les connaisseurs, 120 kms du centre Bretagne au bord de la mer près de la plage du Pouldu. Au mois de mai, retour au calme au niveau des entraînements cap, histoire de me régénérer un peu et de reprendre avec plus de volumes en juin (250 kms cap/ 230 kms vélo) et surtout en juillet (360 kms cap/ 220 kms vélo). En août, c'est le temps des vacances en famille, à la montagne, j'en profite pour peaufiner mon acclimatation et mon entraînement spécifique à la montagne. Me voilà fin prêt pour affronter ce géant des Pyrénées, je me sens bien, pas stressé mais excité par la réussite de cette course hors norme.

 

Arrivée au camping de Vignec, 3 jours avant le départ de la course, histoire de bien se reposer, de prendre un peu ses marques. Jeudi 23 août, c'est la journée où l'effervescence monte chez les coureurs : il faut aller chercher son dossard, n°1327 pour moi, il faut également préparer ses 2 sacs pour les bases vie de Villelongue km 72 et Esquièze Serre km 120. Voilà tout est prêt ! Petit briefing de course à 18h. Maintenant il faut patiemment attendre 5h vendredi matin avant de partir pour l'aventure pendant quelques heures dans la montagne ! J'ai hâte d'y être !

 

La nuit s'avère très courte, le sommeil a bien du mal à venir, minuit je suis encore éveillé. 3H50 le réveil sonne, je prends un bon petit dèj' comme à mon habitude. Après avoir enfilé tout mon matos , mon sac à dos salomon qui est assez lourd 4-5kg sûrement, je prends la direction de la ligne de départ à Vielle-Aure, j'ai 800m à parcourir en guise d'échauffement, ça me convient très bien !

 

Il y a déjà bcp de monde, je vais badger ma puce avant le départ, la musique de Coldplay retentit, « Viva la vida » résonne dans le petit village de départ, l'émotion nous envahit. La météo est avec nous, le ciel est tout étoilé ! Voilà c'est parti pour de nombreuses heures de course en espérant y prendre un maximum de plaisir, nous sommes 974 coureurs à nous élancer dans ce pari un peu fou, pourvu qu'on aille jusqu'au bout ! Les 2 premiers kms se font sur une route goudronnée, cela permet de s 'échauffer et en même temps d'étirer un peu le peloton. Je retrouve Anne et les enfants au passage à côté du camping, bcp de gens sont là pour nous encourager, c'est génial ! Les difficultés commencent très rapidement avec un bon chemin en lacets qui monte de plus en plus dans la montagne, j'adopte un pas rapide afin de ne pas me retrouver trop à l'arrière, je trottine même par moment, je ne veux pas être gêné dans ma progression par la suite. Mon allure est sûrement un peu trop rapide, le cœur monte à 160 puls, 7-8 kmh en montée, mais je me calmerais un peu plus haut avant le col du Portet. J'engage la discussion avec quelques coureurs, puis nous arrivons sur le petit hameau de Soulan. Après ce village, la pente se durcit quelques temps, il faut gérer son allure, son rythme, certains sont partis bcp trop vite, on le sent dans leur manière de respirer. Le jour commence à se lever et les premiers rayons du soleil illuminent les montagnes environnantes, c'est beau ! Nous avons rejoint les alpages, la pente s'est adoucie, on peut même courir par moment, encore un petit effort et nous atteignons le col de Portet, 5min plus tard après une descente sur les pistes de ski nous voilà au restaurant Merlans pour le CP1 (checkpoint 1), je refais le plein de mon camelbag, il est 7h20. Les sensations sont bonnes après déjà 1700m d+.

 

La course repart pour un enchaînement assez usant sur un sentier souvent technique où il est difficile de courir à une allure constante, il y a bcp de relances. Nous passons au dessus du lac de l'Oule, puis de Campana, de Gréziolles … Ces lacs de la réserve naturelle du Néouvielle au petit matin sont une vrai merveille, je me régale du paysage qui s'offre à nous, c'est superbe ! Pourtant pas le temps de traîner au col après quelques photos ; il faut déjà penser à redescendre vers Artigues. Je pense à boire et à manger régulièrement, mais sans doute un peu moins qu'à la normale. Longue descente en perspective, souvent au milieu des pierres ! J'ai bien ralenti mon allure en prévision de la longue ascension vers le pic du midi, avec encore 1800m d+ à avaler, mieux vaut-il arriver frais tout en bas ! Pourtant de nombreux coureurs me doublent, ils dévalent la pente comme des fusées, pressés d'arriver à Artigues sans doute, mais peu soucieux de se préserver. En contre-bas j'entends la clameur du public, je ne suis plus très loin du CP2, j'y suis à 10h20 au km 30. Pause remplissage du camelbag, quelques tucs, des bananes, du coca et c'est reparti !

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Il commence à faire chaud dans cette ascension vers le pic du midi, un passage difficile dans cette course de 160 km, je gère mon effort, le cœur est autour de 140, je double pas mal de coureurs, d'autres me doublent également. Je fais abstraction de tout ça, je dois faire MA course, ne pas me focaliser sur les autres. Finalement, tout se passe pas si mal jusqu'au col de Sencours, bcp de coureurs commencent à souffrir de leurs efforts passés, mais aussi de la chaleur. Les sensations sont moyennes dans la montée finale vers le pic où je passe au CP3 à 13h25, je réduis mon allure. Je subis, je pense, une légère déshydratation, un léger coup de chaleur. Du coup, ma boisson énergétique ne passe plus, mes barres et mes gels non plus. Je sais que c'est un mauvais moment dans la course, je dois le gérer au mieux. De retour au col de Sencours, je décide de me poser un moment, de bien me ravitailler : une bonne soupe aux vermicelles est la bienvenue, avec du pain du fromage, du saucisson, des tucs et du coca ! Vive la diététique ! Mais au moins ça permet d'aller mieux ! Je remplis ma flasque de 500 ml avec de l'eau gazeuse, je refais le plein de mon camelbag car la portion qui suit de 20 km se fera sans ravito, et c'est long 20 km dans la montagne ! Cela jouera d'ailleurs quelques tours à des coureurs qui n'avaient pas voulu refaire le plein complètement.

 

Bien requinqué, je reprends le chemin de la course. Les sensations sont revenues, je repars motivé vers la station d'Hautacam. Nous prenons la direction du col de la Bonida, d'Aoube et de Bareille en passant par le Lac Vert et le Lac Bleu. Malgré le profil sur le roadbook, les montées se montrent parfois bien raides, le sentier n'est pas trop technique sauf sur quelques portions. Je retrouve un des coureurs du camping Nicolas avec qui je sympathise, puis je le distance un peu plus tard dans la descente. Les paysages sont encore splendides, le lac bleu est magnifique. Peu après mon passage, un coureur chute d'une soixantaine de mètres sur les bords du lac, touché par une pierre tombée visiblement un peu plus haut à cause du passage d'un troupeau de chèvres. Les secours s'organisent rapidement au sein des coureurs présents, le coureur blessé et inconscient est pris en charge par le PGHM. Fort heureusement, nous apprendrons par la suite que ses jours ne sont pas en danger, ouf ! Avant d'arriver sur Hautacam, je plonge dans la mer de nuages qui nous entourait jusqu'à présent, l'arrivée sur le ravito est longue, plus longue que je ne l'imaginais. L'atmosphère se refroidit et la chaleur du ravito au CP4 est bien agréable. Côté menu, je continue avec soupe, pâtes et coca. Ça me maintient en forme ! Nicolas m'a rejoint également et nous voilà repartis vers Villelongue avec 10 km de descente assez facile, ça fait du bien. Petite mésaventure sur le chemin, je sens une fraîcheur m'envahir le bas du dos, je suis tout mouillé, je m'arrête, j'enlève mon sac et je comprends ce qui vient de se passer : l'embout de connexion du tuyau de mon camelbag vient de lâcher, le plastique est cassé !!! Tuyau tout neuf pourtant, je l'ai acheté il y a 10 jours ! Bref je commence à gamberger dans ma tête, comment faire si je ne peux plus boire pendant la course, les 500 ml de ma flasque ne suffiront jamais. J'en informe Anne par téléphone. Il me reste une seule solution ; trouver à Villelongue un bénévole ou un coureur qui pourrait me dépanner, mais ce n'est pas gagné d'avance, je reste optimiste malgré tout.

Arrivé au CP5 à Villelongue (base vie n°1) à 20h peu de temps avant la nuit, j'ai parcouru 74 km, je me sens bien physiquement, pas de douleur particulière, un peu de fatigue tout de même. Dès mon arrivée, j'informe les quelques bénévoles et coureurs de mon problème. Tout de suite, l'un d'entre eux me propose sa poche à eau, mais il faut qu'il aille la chercher chez lui, il en a pour 20min. Pendant ce temps là, j'en profite pour me ravitailler mais je manque d'efficacité, je suis perturbé par ce problème, je ne sais plus par quoi commencer : prendre mon sac de base vie, me changer, me masser les pieds avec de la nok, me masser les jambes à l'huile d'arnica, changer de chaussettes, refaire le plein en eau, m'alimenter !

Bref 1h10 pour faire tout ça ! Je remercie le bénévole qui me permet de continuer la course, nous échangeons nos coordonnées et je lui propose de lui rendre sa poche à eau le dimanche à Vielle-Aure, ce qui lui convient. Merci encore à lui !!!

 

 

A la sortie du CP5, je sors seul avec ma frontale allumée, je rejoins un petit groupe de 3 coureurs, l'ambiance est détendue, ils se connaissent bien, ils ont déjà participé l'an dernier au GRP, l'un d'entre eux avait du abandonner. Après quelques pas sur le bitume, nous voici rapidement dans le vif du sujet : l'ascension du pic Cabaliros à 2350m d'altitude, sachant que nous sommes pour l'instant à 550m. 1800M de dénivelé positif à avaler ! Ca va faire mal, c'est sûr ! Nous partons sur un bon rythme avec Alain, le belge du groupe avec qui je lie rapidement d'amitié. Régis et Fabien sont plus lents, mais je comprends au fil de la discussion que Fabien s'est froissé une côte en jet-ski 8 jours auparavant. C'est sûr ; ça n'aide pas à être au mieux. On fait donc un peu l'élastique, on grimpe à notre rythme et puis on les attend, en profitant pour discuter pendant ce temps-là. Alain me dit de continuer seul car je grimpe bien, mais je lui disque la situation me convient bien : être à plusieurs de nuit, c'est rassurant et puis il ne faut pas trop s'emballer dans cette ascension sans quoi la fatigue peut vite arriver. La météo n'est pas extraordinaire, en bas de la vallée il fait chaud, plus haut il y a du brouillard, ça crachouille même de plus en plus. Un peu plus tard les conditions s'améliorent, nous sortons des nuages, nous profitons d'un beau ciel étoilé et d'une belle mer de nuages. Plus au-dessus vers le pic nous apercevons les frontales des coureurs qui terminent leur ascension. Nous arrivons au CP6 à Pouy Droumide à minuit et demi : c'est ambiance disco ce soir avec boule à facettes, musique et danse des bénévoles ! C'est sûr, y'a de l'ambiance et ça nous réveille même un peu de notre périple souvent silencieux dans la montagne.

 

Nous reprenons notre ascension après une petite pause, je pars avec Alain vers le pic sans attendre Régis et Fabien, on les attendra là-haut. Je ne suis pas au mieux au niveau du ventre, peut-être ai-je pris froid ? Alain poursuit même tout seul car il a bien augmenté son allure, je préfère gérer et rester un peu en retrait, toujours à porter de vue, on s'appelle régulièrement pour signaler notre présence. Le paysage est un peu irréel, un peu avant, on a décidé d'éteindre nos frontales sur un bon sentier pour profiter de la nuit, du ciel étoilé, du clair de lune, on aperçoit les troupeaux de vaches et de chevaux qui sont juste à côté de nous, c'est magique ! Encore quelques efforts avec une montée bien raide avant d'atteindre le pic. Fabien me double dans cette montée. Je les rejoins là-haut. S'engage ensuite une très longue descente vers Cauterets, pas difficile, mais usante. Je commence à manquer de sucre et en bas dans la partie boisée, je n'avance plus, j'ai un gros coup de mou, j'essaye de reprendre une barre isostar, mais ça ne passe pas très bien.

 

Enfin arrive le ravito de Cauterets, il est 4h45 au CP7. Alain et les autres sont déjà là depuis 5-10 min. Je ne me sens pas bien, je m'assoie, je ferme les yeux 3 min. Anne m'appelle pour prendre des nouvelles car elle reçoit des sms pour lui signaler ma présence aux différents CP. Je lui explique la situation, elle me rebooste un peu, son père André m'envoie aussi un sms d'encouragement, ça me fait du bien, je me ressaisis : direction le ravito avec soupe, tuc, pain saucisson et coca ! Je repars du ravito rapidement car un certain nombre de coureurs décident d'abandonner, moi je suis venu là pour aller jusqu'au bout ! Alain et les autres sont déjà repartis depuis quelques temps, d'autres coureurs dorment dans la pièce d'à côté. Je prends la direction du col de Riou avec 1000m d+, le sentier n'est pas technique mais assez long et c'est tant mieux ! Cela me permet de retrouver petit à petit la forme, d'autant que le jour se lève, l'envie de dormir disparaît. Mon allure n'est pas extraordinaire, cela ne m'empêche pas de doubler quelques coureurs quasiment à l'arrêt, certains dorment à même le sol sur le côté, bref la nuit a fait son effet sur des coureurs déjà bien fatigués ! Il fait plutôt frais et humide, les odeurs boisées du matin dans la montagne sont très agréables. Je continue mon ascension, puis j'enchaîne rapidement vers Le CP 8 d'Aulian  (km 110 au Garmin); je décide de ne pas m'y attarder longtemps, je me ravitaille rapidement car plus bas à Esquièze-Serre, c'est la base vie n°2, je prendrais plus mon temps pour me reposer, me ravitailler. Je sens que la forme revient, je fais une bonne descente en compagnie d'un autre coureur, je traverse Sazos puis une longue portion de route (trop longue à mon goût) qui nous amène au CP 9 d' Esquièze-Serre. Le public dans les rues nous encourage, ça fait du bien, je commence à avoir mal au talon à force de marcher sur le bitume, je réduis un peu mon allure. Je pointe au poste de contrôle à 10h45 (km 122), je prends mon sac et je prends un bon ravito. Je ne traîne pas trop malgré tout car je sens que je suis sur un pic de forme.

 

11H40 me voilà reparti, je double quelques coureurs sur le début, puis je fais un bout de chemin jusqu'à Tournaboup avec un coureur très sympathique des landes, ;c'est chouette l'ultra, on rencontre plein de monde ! Cette portion est un peu monotone, il fait gris et le froid commence à se faire sentir de plus en plus(fatigue ou chute des températures ?) , on accélère un peu le pas sur la fin, mais pas au point de trottiner, on garde des forces pour la fin ! On arrive au CP10 de Tournaboup à 14h40 (km 135 à la Garmin), après une soupe aux pâtes vite avalée, je repars vers le col de Barèges à 15h. Il me reste encore 40 kilomètres avant de franchir la ligne d'arrivée ! J'aimerais bien y être avant la nuit, mais ce sera difficile tout de même. L'ambiance à Tournaboup était plus élevée, car on retrouve à ce moment là sur le parcours les coureurs du GRP 80. Ils me redonnent un peu de vitesse à mon allure, car j'ai tendance à m'endormir dans mon train-train. Je décide donc de les suivre au mieux sans me mettre dans le rouge dans cette ascension du col de Barèges à 2450m. Le sentier pour le coup est bien technique avec du caillou, du caillou et encore du caillou ! Et je joue à saute-chamois d'une pierre à l'autre, c'est vrai qu'après 130 km on ne peut pas rêver mieux comme jeu !

Les kms s'enchaînent mais pas très rapidement dans cette montée, la portion est trop technique. Je croise à nouveau Nicolas le coureur du camping, il n'est pas au mieux, je l'encourage. Après le col, nous retrouvons une descente technique toujours dans les cailloux, un peu plus bas c'est la forêt et ses racines qui nous joue des tours, les pieds et les jambes sont soumis à rude épreuve, mais je ne souffre pas trop. Je commence à avoir quelques hallucinations : je vois des vaches à la place des rochers, des animaux à la place des racines ! Bref je manque de sommeil ! La descente n'en finit pas et je ne vois toujours pas le lac de l'Oule. J'ai dit à Anne que je serais à Merlans dans une demi-heure, mais en réalité il me faudra le double de temps !!! ça m'énerve un peu mais du coup ça me fait accélérer, je rattrappe un groupe de coureurs du 80 qui avancent bien, je les suis jusqu'au restaurant Merlans (km 162 à la garmin, et oui il y a du km en rab, quand on aime on ne compte pas!)

 

Dernier ravito, au CP 12 de Merlans à 19h30, je me ravitaille rapidement et je repars 20min après dans la ferme intention de ne pas traîner dans la descente, je suis euphorique, l'arrivée est proche ! Il reste une petite ascension jusqu'au col de portet, puis c'est la grande descente de 14 km jusqu'à l'arrivée (1400m d-). A priori, il me faut environ 2h. Au téléphone, j'explique à Anne comment j'envisage la descente, si tout va bien, je me laisse aller et je donne tout ce que j'ai en courant. Dans la petite montée, je commence à me mettre sur une bonne allure, je double quelques coureurs. Dans la descente, je trottine de plus en plus vite, puis sur les pistes de ski, je cours sur une allure rapide, pas loin de 14 kmh, je décide de continuer sur cette bonne allure, je n'ai pas mal aux jambes bizarrement, les pieds sont un peu plus douloureux, je serai quitte pour avoir une bonne ampoule au pied droit le lendemain, tant pis ! Je double sans le savoir Alain et Régis, mes compères de la nuit, car on est dans le brouillard. La nuit se fait de plus en plus présente, je sors ma frontale. Je rappelle Anne pour lui dire que j'aurai sans doute de l'avance sur le temps estimé au dernier coup de fil. Dans le bois de sapins qu'il faut traverser, on ne voit absolument rien, on est dans le brouillard le plus complet ! Tant pis j'avance à l'aveuglette sur un sentier glissant et boueux, en me guidant sur un coureur un peu plus loin. Enfin je sors de ce bois, je retrouve un chemin forestier, puis une petite route en lacets. Je la reconnais, c'est celle que j'ai emprunté il y a 40h à la montée, j'entends la clameur du public au loin, j'ai l'impression de retrouver la civilisation après l'avoir quittée durant 40h. J'arrive dans Vignec, le public est là prêt à acclamer les nouveaux coureurs qui arrivent, merci ça fait chaud au cœur ! Quelques enfants m'accompagnent un instant dans ma course, c'est sympa ! Un peu plus loin je longe le camping où nous sommes installés, il reste encore 800m avant d'arriver à Vielle-Aure. Je visualise mon arrivée, je profite de l'instant, des gens qui m'acclament, j'ai autant envie de rire que de pleurer, je sens les émotions qui m'envahissent. J'aperçois enfin Anne et les enfants, ils m'accompagnent en trottinant jusqu'au tapis rouge, je franchis la ligne d'arrivée en 40 h 43 minutes à la 238ème place. Sur 1000 participants, plus de la moitié n'arrivera pas au bout ! C'est qu'il se mérite ce GRP, sûrement l'un des ultra en montagne les plus durs ! Ça y est, Je suis finisher du Grand Raid des des Pyrénées 2013, fier de finir cette très belle course avec l'envie de retenter l'aventure dans 2 ans , c'est sûr... Au final, j'aurai parcouru pas loin de 172 km et 10000m d+, un peu plus que les 161 km annoncés au départ, mais qu'importe quand on aime, on ne compte pas...

 

 

Merci d'abord à Anne et aux enfants pour leur soutien, merci à ma famille pour leurs messages durant la course, c'est essentiel pour aller jusqu'au bout d'une telle course !

 

Merci aux organisateurs qui nous offrent un si beau parcours dans les Pyrénées, merci aux bénévoles qui nous aident et nous encouragent dans tous les moments de la course, merci au public sur le parcours qui nous encourage à poursuivre et trouver des forces pour avancer encore !

 

Une très belle course qui nous laisse des souvenirs plein la tête !!!


Maintenant place au repos pour quelques temps afin de repartir frais et dispo sur d'autres projets de course.Ce temps de réflexion me permettra également d'améliorer ma stratégie de course sur ce type d'ultra: choix du matériel, alimentation et adaptation pendant la course, ...
A bientôt ...

 

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Published by G.Hanry - dans Trail C.R.
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